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Au milieu de l'océan de l'encre, il faut établir fermement l'esprit (1)
Shi Tao


ENTRE CHINE ET FRANCE

La circulation mondiale s'accroit, les échanges en font de même. Mais il reste toujours à poser la question de la singularité, et d'évoquer une culture ne doit pas se compromettre, ni se modifier pour correspondre à ce qui serait une culture générale, convenue et recevable. L'information qui se fait aujourd'hui en temps réel (et souvent à distance de l'événement) change considérablement notre regard sur le monde. Il ne s'agit pas d'être naïf. Les échanges, les mobilités artistiques changent les points de vue et souvent les enrichissent, mais il faut oeuvrer aussi pour que ce qui vient d'une autre culture puisse nous toucher dans la singularité de celle-ci.

J'ai pu écrire récemment ceci, pour une préface où des artistes chinois participaient à une exposition à Paris : La Chine a une grande histoire qui souvent a influencé l'occident (l'observation du réel porté en soi, l'agilité du lavis, le geste, la pensée des éléments, la métaphore philosophique, etc.). Il ne faut pas croire en retour que les artistes chinois n'ont pas regardé nos formes artistiques. Ils les intègrent à leur propre singularité, ils les décalent dans ce qu'ils possèdent en propre. C'est ainsi que s'élabore un dialogue qui réévalue les apports réciproques et les intégrités culturelles. Il n'y a pas plus aujourd'hui en Chine (tout comme en occident) une manière unique de faire de l'art. La désintégration des catégories et des techniques, la libre circulation (2) des personnes font que nous nous approchons de mondes que parfois nous n'avons pas visités (ou seulement par Internet ou dans les livres). Alors, le côtoiement se fait d'une observation amicale, profonde, où chacun doit réévaluer ce qui apparait parfois comme des vérités.

Un échange, une rencontre à distance (Pékin - Strasbourg) et dans le même temps des artistes chinois présents à Strasbourg, cela fait déjà un horizon plus qu'ouvert. Voir que les oeuvres sont différentes, que les approches parfois renvoient à des éléments connus, que la question de l'art est celle de tous les pays du monde, que des référents esthétiques et culturels divergent, voir cela est toujours une incroyable chance de diversité. Les rencontres entre artistes sont la plupart du temps le fruit de la volonté de certains et ces Ateliers Ouverts (2010) conjointement à Pékin et à Strasbourg n'y dérogent pas. Ils sont aussi la volonté d'engagements personnels et cela toujours fait craquer les frontières, les lisières de l'art.

Ensuite, par (et grâce à) la participation du regardeur, cela en fait un événement de l'échange, du possible d'enrayer les conflits, de lever les incompréhensions, d'ôter les peurs. C'est sûrement un petit pas réalisé ici mais comme chacun sait il faut bien commencer. Puis recommencer. Commençons !

(1) Shi Tao, Les propos sur la peinture du moine Citrouille-amère, p. 61
(2) Dont beaucoup de peuples sont encore interdits !







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